La nouvelle année a débuté depuis un mois, mais 2007 est toujours dans les esprits, comme une nouvelle année au cours de laquelle les ventes de disques ont continué de chuter. Les grands labels et l'industrie du disque en général, ne savent plus comment lutter contre le piratage, et les consommateurs en ont assez de subir les prix surélevés du CD. Mais 2008 pourrait bien apporter son lot de réponses. De l'achat à l'acte, à l'abonnement, en passant par un financement par la publicité, les solutions proposées sont de plus en plus nombreuses. Webdetente vous offre un petit tour d'horizon de ce qu'on vous propose.

Le sujet au centre des débats au Midem
Le Midem, marché internationnal de la musique, qui avait lieu à Cannes fin Janvier, se voulait résolument ambitieux en ce début d'année 2008. Avec les baisses constantes de ventes de disques (encore 20% de ventes en moins, la valeur du chiffre d'affaires a été divisée par deux en France depuis 5 ans), le piratage est devenu l'ennemi numéro un de l'industrie. Jusqu'alors, l'industrie avait décidé de traîner un à un les internautes pirates devant les tribunaux, pour faire des exemples et stopper l'hemorragie. Il semble que désormais les solutions soient ailleurs, notamment dans l'offre de téléchargement légal sur internet, payant ou même mieux, gratuit.
Les participants au Midem ont donc observé avec beaucoup d'attention la hausse des ventes de musique numérique (+ 40% en 2007) qui représentent maintenant 15% des revenus de l'industrie, à hauteur de trois milliars de dollars. Une hausse que l'on attribue à la disponibilité croissante du répertoire et à l'augmentation du choix et de la diffusion des baladeurs MP3, sans oublier des tarifs plus attractifs. Une hausse des ventes que le milieu aimerait accompagner d'une lutte plus efficace contre le piratage, et en ce sens les propositions du rapport Olivennes ont énormément séduit les participants. Le rapport propose un envoi aux pirates de messages d'avertissement puis la suspension de leur abonnement en cas de récidive.
D'autres modèles de diffusion de la musique ont également émergé, comme les abonnements, le streaming, la location ou les offres mobiles. Un dernier modèle essaye de se frayer un chemin dans la jungle féroce du marché de diffusion en ligne, une solution qui a de quoi séduire puisqu'elle propose un téléchargement légal... et gratuit.
Le téléchargement gratuit, remède contre le piratage ?
Les plateformes de téléchargement légales sont de plus en plus nombreuses à ouvrir chaque année sur le web, et pour cause, c'est un marché en plein expansion où jusqu'alors seul Apple tirait son épingle du jeu (pas toujours de façon licite).

Pour concurrencer ce géant, Qtrax comptait bien pouvoir lancer lundi 28 Janvier son site de téléchargement en ligne gratuit, financé par la publicité. Lors de l'annonce du lancement, le site annonçait un accord avec les quatre plus grands labels (Sony, Universal, Warner, EMI) et comptait proposer aux internautes le choix parmis 25 millions de titres là où Apple n'en propose que 6, avec des titres phares commes des titres rares. Le financement devait être assuré par le sponsoring de plusieurs grandes entreprises internationales (Microsoft, McDonald's, Ford, Nintendo et bien d'autres) et par la diffusion de publicité avant l'écoute de chaque morceau. Un système qui fonctionne déjà très bien sur le site We7, parrainé par Peter Gabriel, mais qui équipait les fichiers MP3 du logiciel DRM, empêchant la copie. Malheureusement, tous les labels ont nié avoir signé un quelconque accord.
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D'autres sites internet mettent à disposition une base de données très importante disponible au téléchargement légal, mais ces sites sont aussi payants. Quel intérêt dans ce cas me direz-vous ? L'intérêt ce sont les prix attractifs (89 à 99 cents le morceau) mais surtout des fichiers sans DRM, et ça, c'est une grande évolution. Les labels étaient jusque là très réticents à diffuser leurs répertoires sans protection (et sans spyware....). Il semblerait donc que l'on se libère peu à peu du joug d'Apple, qui voudrait imposer ses idées et sa position dominante sur le marché pour longtemps. Amazon MP3 est ainsi l'un des premiers à offrir ce service, après avoir signé un accord avec les labels les plus connus et quelques milliers d'indépendants.

Le téléchargement illimité par abonnement
Une autre solution qui émerge est celle de l'abonnement. Cette solution est proposée par différents opérateurs Internet tels que Neuf Télécom ou Alice. Elle permet, contre un abonnement mensuel ou annuel, de pouvoir télécharger de façon presque illimitée les titres disponibles. Seul hic, l'extrême pauvreté du répertoire à disposition.


Le site voudrait convaincre les consommateurs que la diffusion de la création peut s'effectuer sur internet sur le mode de la radio. On écoute de la musique gratuitement, sponsorisée par de la publicité, les labels percevant ainsi un pourcentage sur les recettes publicitaires. La banque de données, très large, met à disposition jusqu'à 3,5 millions de titres, disponibles pour le moment selon vos goûts musicaux. Ils seront bientôt accessibles par une simple recherche, et contrairement à aujourd'hui, le nombre d'écoute ne sera pas limité. Mais il faudra pour cela souscrire un abonnement , un format imposé par les labels, encore très sceptiques...
Le gratuit peut-il vraiment être payant ?
Dans ce contexte d'affrontement entre des labels qui exploitent toujours plus leurs artistes phares (tout en délaissant les autres) et des consommateurs excédés par des prix abusifs, habitués par leur fournisseurs d'accès à télécharger toujours plus, les artistes sont pris entre deux feux. Entre leur volonté de poursuivre leur carrière, en relation directe avec leur public, et leur dépendance des labels s'ils veulent percer, c'est assez difficile de s'en sortir.
Mais certains ont pris leur destin en main, et ont vu en Internet un moyen de se défaire de l'emprise des maisons de disques en s'auto-produisant. C'est le cas d'artistes de renommée mondiale tels que Radiohead, Barbara Hendricks, Madonna, Prince ou encore Trent Reznor (génial fondateur et leader de Nine Inch Nails). Ces artistes ont choisi de mettre leurs albums à la disposition de l'internaute au prix de son choix. Avec succès ?
Plusieurs s'y sont essayés avec des fortunes diverses. Radiohead sortait en octobre dernier In Rainbow, sur leur site internet en laissant les internautes fixer eux-mêmes le prix de l'album. Résultat : en trois jours, 1,3 millions d'albums vendus (pour un prix allant de 3 à 6€). Ce sont 4 millions d'euros que le groupe a donc pu se partager, il leur aurait fallu vendre le double d'albums dans le circuit classique de distribution. Dans le même temps, 240 000 copies illégales étaient téléchargées, une preuve que même la gratuité a du mal à enrayer la mécanique du piratage !! Une autre question se pose, car si Radiohead n'avait pas bénéficié de toute la promotion des labels sur leurs précédents opus, In Rainbow aurait-il eu le même succès ?
Une autre grande artiste par exemple, Barbara Hendricks, a utilisé le même système de vente pour son dernier CD, Endless Pleasure. L'opération s'est révélée comme une grande réussite puisque le prix de vente moyen était de 7€. Quand on sait que par ce système de distribution, l'artiste touche 80% des sommes encaissées (quatre fois plus que pour le CD), c'est une très bonne affaire.

Saul Williams, l'une des grandes figures de la génération Hip Hop américaine en tant que poète, musicien et rappeur, s'est lui aussi essayé au système. Sponsorisé par Trent Reznor (qui a grandement participé à la création du contenu, et à sa promotion, Saul Williams n'étant pas très connu), il proposait de faire payer 5$ ou... rien du tout. Les acheteurs décidant de contribuer à hauteur de 5$ étant bien évidemment récompensés par des petits bonus. Depuis sa sortie en novembre, il y a eu 155 000 téléchargements dont 29 000 payants. Mais ce qui pourrait être considéré comme un échec doit être quelque peu modéré, puisque depuis 2004 son premier album s'est vendu à 30 000 exemplaires. Grand partisan de l'abandon des labels, on se souvient que Trent Reznor avait déjà appelé ses fans à voler son CD car les prix ne baissaient pas.
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Produisez vous-même les petits artistes
Mais si l'auto production fonctionne pour ces artistes a priori confirmés, qu'en est-il pour ces musiciens dont les majors ne veulent pas ? Car on nous rabache depuis des années que ce sont bien les petits groupes qui subissent les conséquences du piratage (on nous prend vraiment pour des poires !!). Et puisque personne ne veut les soutenir, vous pouvez choisir de les produire vous-même et leur donner une seconde chance artistique.
De nombreux sites tels que Sellaband, Artistshare, Slicethepie ou Spidart proposent aux internautes de devenir producteurs d'artistes inconnus du grand public, délaissés par les maisons de disques. Le fonctionnement est assez simple, chaque groupe s'expose sur une page du site, vous écoutez leurs morceaux et vous choisissez à quel groupe vous souhaitez donner un coup de pouce. Pour cela on vous propose d'acheter des parts (1 part = 7 à 10€), pour réunir les 50 000€ nécessaires à la production d'un artiste (enregistrements studios, production d'un album). Les mini producteurs reçoivent à la fin un pourcentage sur les bénéfices des ventes de l'album et peuvent télécharger gratuitement l'album sur le site. Et si vous n'êtes pas convaincu, vous pouvez toujours vous retirer et financer un autre groupe ou tout simplement vous faire rembourser. Malheureusement ce genre de site n'est pas encore assez fréquenté pour être vraiment efficace, mais le premier d'entre eux qui fera émerger une véritable star gagnera aussitôt en notoriété.

MyMajorCompany fonctionne un peu de la même manière, à cela près que les artistes qui s'exposent sur le site doivent avant toute chose déposer un dossier de candidature pour pouvoir se faire produire. Un dossier méticuleusement étudié par une équipe artistique, avec un véritable projet musical à la clé. On se rapproche un peu du système Star academy...
Il faudra cette fois 70 000€ pour produire un artiste et assurer sa promotion comme la réalisation d'un clip. Les recettes se répartissent ensuite entre les musiciens (20%) et les internautes (30%). La distribution est ensuite assurée par une Major.
Les solutions pour remédier à la chute des ventes du disque sont donc nombreuses, le piratage peut donc être enrayé. Malheureusement, les labels sont encore trop près de leur sous et trop frileux pour qu'on assiste enfin à une véritable évolution de l'industrie. Tant que les labels prendront les artistes et les consommateurs pour des pigeons, il ne devrait donc pas y avoir de changement à même de mettre fin au piratage...
Derniers commentaires pour cet article
Par jojo, le 07/02/2008 à 20:26
ca va faire 2 ans que j'avais abandonné ma mule, mais depuis quelques mois je l'ai re-dload, mais je ne m'y connecte pas... plus le temps passe, plus je risque de craquer et recommencer, parce que ca reste a ce jour le seul moyen que je connaisse vraiment pour trouver les chansons des groupes que j'aime, puisque ni les majors ni la fnac n'a l'air de les aimer... et moi non plus. Pour le reste, les "connus", c'est sur que des solutions simples de dl moins cher que ces put**ns de CD hors de prix sont vraiment à acceuillir, mais j'attend surtout ca pour les petits artistes !
il faut encore attendre pour voir se développer un VRAI systeme de diffusion par internet, même payant, qui soit plus efficace que la mule... pas fait, encore, certe, mais... combien de temps faudra-t-il encore attendre ?

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