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Le PTSD, le nouveau fléau américain…

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Imaginez. Vous partez en tant que soldat pour la guerre en Irak ou en Afghanistan. Vous revenez décoré mais votre vie et votre vision des choses ont totalement changé. Vous êtes en proie à des paranoïas, un sentiment de peur vous envahit à chaque confrontation avec la foule, dans la rue, n’importe où. En gros, vous flippez, parfois à tel point que vous commettez l’irréparable. C’est ce qui est arrivé à bon nombre de soldats revenant du front. On dénombre environ 1% des hommes atteint de ce syndrome actuellement aux Etats-Unis. Et le phénomène n’est pas nouveau, il avait largement sévi chez les vétérans du Vietnam. Aujourd’hui, c’est l’Afghanistan ou l’Irak qui sont en cause. Ce phénomène : le PTSD.
 

Son origine
Le PTSD ou Post Traumatic Stress Disorder - Etat de Stress Post Traumatique - est actuellement le trouble psychique le plus reconnu au niveau international. Beaucoup d’associations humanitaires interviennent dans les pays en crise pour lutter contre ce fléau de santé mentale, en prévenant et soignant les personnes atteintes. Cela peut paraître véniel, et souvent les malades le négligent et n’osent pas en parler, alors qu’au fond c’est une vraie « maladie psychiatrique».

Le PTSD est en effet un syndrome psychiatrique reconnu et inscrit au DSM (le Manuel Statistique et Diagnostique des maladies mentales américain) depuis 1980, et qui a sévi surtout au lendemain de la guerre du Vietnam. Le gouvernement américain contraint à la reconnaissance officielle de ce symptôme, avait donc mise en place des pensions d’invalidité en faveur des anciens combattants atteints, le combat étant la cause de cette maladie.

Mais l’origine de ce dysfonctionnement psychiatrique remonte au début des années 60, où la psychiatrie élabore un lien entre les souffrances des anciens déportés des camps de concentration nazis. Le syndrome s’appelait alors à l’époque CCSS « le Syndrome du Survivant des Camps de Concentration ». Depuis, les vétérans américains ont eux aussi fait reconnaître ce problème aux autorités américaines qui l’ont rebaptisé PTSD, terme plus général pouvant servir à d’autres situations.
 

Les symptômes
Le PTSD est un trouble anxieux sévère issu d’un choc traumatique qui provoque chez l’individu un sentiment de peur, de la détresse ou de l’horreur. On l’appelle aussi névrose traumatique. Le trouble se manifeste par une réexpérience persistante de l’événement traumatique en question, dont voici les symptômes :
Sentiments intenses de peur, de terreur et d'abandon
Reviviscences de l'événement traumatique
Evitements de stimuli liés à l'événement
Emoussement de la réactivité générale
Hyperactivité neurovégétative
Rêves traumatiques
Souvenirs récurrents
Périodes sensibles au moment des anniversaires
Etats dissociatifs
Irritabilité particulière
Perte de la capacité de concentration
Instabilité émotionnelle
Sentiment que l'avenir est bouché
Réduction de la capacité de modulation des affects
Peurs et soucis injustifiés et excessifs

ptsd

 

Sur le terrain

Après le Vietnam, l’épidémie du PTSD post conflit sévit à nouveau de manière dramatique sur le sol américain et précisément au sein des anciens combattants revenus d’Irak ou d’Afghanistan qui, une fois de retour au bercail, continuent la guerre, presque « pour de vrai ». D’après les premières statistiques, 1 ancien combattant sur 5 est atteint du syndrome, mais l’on connaitra plus précisément le cou psychologique de ce conflit d’ici 5 à 10 ans, la maladie se déclenchant souvent des années plus tard. Depuis le début de ce conflit en tous cas, environ 750.000 hommes ont été démobilisés après avoir servi en Irak ou Afghanistan, 250.000 sont venus en consultation dans un centre de soin pour ancien combattant, et 500.000 ne sont jamais venus, on ne connaît donc pas leur état psychologique.

Kevin Shiels, 24 ans, dont 2 passés en Irak comme tireur d’élite, a été abattu dernièrement  de sang froid à Colorado Springs par 3 copains de régiment, des tueurs récidivistes selon l’enquête, juste après avoir fêté son anniversaire en leur compagnie dans un bar. Les « compères » vivaient à Fort Carson, une base militaire qui abrite 50.000 soldats et leur famille. L’un des meurtriers venait tout juste d’être décoré pour bravoure. Un autre, Louis Bressler, venait d’être démobilisé à son retour d’Irak pour troubles mentaux. Il était suivi dans l’hôpital militaire de la base et avait subi tous les tests psychiques avant de revenir à la vie normale. L’armée reste donc bien sceptique quant à son rôle dans ce genre de catastrophe humaine. Est-ce la maladie ou un simple différend entre ces soldats qui a conduit les trois copains au meurtre ? Telle est la question…Mais statistiquement, 99 % des gars revenant du combat sont fiers de ce qu’ils ont accompli, mais 1% sombrent dans les troubles…

Du côté de l’armée, tout ce que l’on peut dire c’est qu’elle déclare ausculter à 100% ses hommes au retour des conflits et affirme que la plupart se remettent bien au bout de 3 à 6 mois, c’est ce qu’on appelle la période de « réintégration » dans la société, la famille, le mode de vie américaine.

Du côté des soldats, un ancien combattant témoigne : « Moi je n’aime pas être au milieu de la foule, cela me rend nerveux, après j’ai été entraîné pour ça, après ma première mission, au retour je faisais super gaffe en voiture. Je surveillais les abords de la route. Je ne dirai pas que je souffrais du PTSD, mais quand je me retrouve en situation, c’est plus fort que moi je regarde partout. Mon commandant me dit : « Quand tu sors le soir, c’est comme quand tu pars en mission, tu dois tout prévoir dans les moindres détails ». Pas facile donc de se remettre de tout ce que l’on a fait, vécu et vu, des réflexes de survie tout simplement…

 

121 crimes de sang selon le New York Times commis par des anciens d’Irak ou d’Afghanistan. Leurs victimes sont souvent des proches, femmes ou enfants, certains se suicident, d’autres partent en cavale, la plupart endossent l’uniforme orange des détenus comme il y a 30 ans de retour du Vietnam. Les 3 meurtriers de Kevin encourent la perpétuité, sans aucune libération possible. Alors l’armée est-elle en cause de ce problème traumatique, que fait-elle subir à ses combattants ? Devrait-elle changé ses modes de suivi psychologique ? Beaucoup de questions restent en suspend. Rendez-vous dans dix ans pour savoir si le conflit en Irak aura été plus traumatisant que les conflits précédents…




 

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