Robert Ménard est le secrétaire général de l’association Reporters sans frontières… Ca oui on le sait. Mais alors qu’on l’entend régulièrement prendre la parole, qu’on le voit souvent en ce moment sur nos écrans de télévision, on se demande encore qui se cache derrière ce petit homme brun et sec. Robert Ménard, y’a ceux qui aiment et ceux qui détestent… Mais qui est-il vraiment ? Webdétente mène l’enquête et brosse son portrait pour vous…

Identité…
Robert Ménard est né à Oran en Algérie en 1953 d’un père imprimeur. Lorsque sa famille rentre en France pour s’installer dans l’Aveyron, Robert Ménard n’a que 9 ans.
Il fait ensuite sa scolarité dans une école catholique et ambitionne tout d’abord de devenir prêtre. Puis ce sont des études de philosophie qui retiennent son attention. A l’époque, il est proche des milieux Trotskistes et anarchiques mais finit par s’inscrire au Parti Socialiste.
Robert Ménard découvre le milieu de la radio dès 1975 et crée même sa propre station : Radio Pomarède.
En 1983, il devient journaliste à Radio France Hérault et y demeure jusqu’en 1989.
Le 22 juin 1985 à Montpellier, inspiré par l’association Médecins sans frontières, il crée Reporters sans frontières, dont il est secrétaire général à vie.

Sur le plan privé, Robert Ménard est marié avec Emmanuelle Duverger, juriste internationale et secrétaire générale du magazine Média. Il est père de deux enfants.
Robert Ménard le journaliste
Dès ses débuts à la radio, Robert Ménard est emprunt de liberté. En même temps qu’il crée Radio Pomarède, il devient le président de l’Association pour la libération des ondes. C'est là que les ennuis débutent et celui que l’on affuble désormais de charmants quolibets tel que « le poil à gratter » commence déjà à en agacer certains.
L’aventure Reporters sans frontières
Alors qu’il est journaliste à Radio France Hérault, Robert Ménard décide de créer Reporters Sans Frontières, une association de défense des droits des journalistes, calquée sur l’association Médecins sans Frontières. Deux hommes sont alors à ses côtés : Jean-Claude Guillebaud, écrivain et journaliste au Nouvel Observateur et Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières.

Dès lors Robert Ménard est de toutes les batailles, il ne les rallie pas, il les provoque. L’homme est particulièrement doué en communication. Il sait parler et n’hésite pas à utiliser ce don à la télévision.
L’association est prospère (4 millions d’euros de budget annuel) en grande partie financée par les albums photos vendus à l’effigie de l’association. RSF est également soutenue par de grandes entreprises en France (dont le nom est souvent tu pour ne pas perturber leurs relations commerciales avec les pays qui sont dans le collimateur de RSF).


L’ONG se fait connaître par le biais de son secrétaire qui ne laisse personne indifférent et qui ne cesse jamais d’appuyer là où ça fait mal. La liste de ses croisades est longue mais on peut noter les dernières et plus médiatisées : la libération des otages Georges Malbrunot et Christian Chesnot, un peu plus tard celle de Florence Aubenas. On se souvient également de son action dans l’affaire des infirmières Bulgares ou sa dénonciation du régime castriste. Robert Ménard lutte pour la liberté des journalistes, la liberté de la presse, le respect des droits de l’homme et déplore d’avoir tant de batailles à mener.
La bataille des JO de Pékin
Dernièrement, Robert Ménard a incontestablement contribué à la prise de conscience collective autour de la question de l’organisation des JO à Pékin. Il est derrière chaque débat autour de la flamme olympique ou de la cérémonie d’ouverture.

Certains lui reprochent de se mettre trop en avant et de faire une utilisation systématique des médias, mais il faut lui reconnaître son engagement de longue date dans cette bataille contre le gouvernement totalitaire chinois. Depuis longtemps déjà, Robert Ménard alerte les pouvoirs publics sur la situation dramatique des droits de l’homme et plus particulièrement du droit d’expression dans le pays.
Tout dernièrement, Reporters sans Frontières a imaginé une bannière pour illustrer les jeux olympiques. La force visuelle de l’affiche est incontestable et sa pertinence est accentuée par la comparaison avec son équivalent côté sportifs français : un badge qui réclame « gentiment » un monde meilleur…

En attendant, Robert Ménard multiplie les actions spectaculaires, depuis l’allumage de la flamme à Olympie (qu’il a largement perturbé d’ailleurs !), jusqu’à Paris où des membres de l’association ont réussi à hisser le fameux drapeau RSF sur un pied de la Tour Eiffel, le tout à mains nues et sans protections !

Toute cette agitation et ce mode d’action à base d’interventions spectaculaires et de sensationnalisme valent finalement beaucoup de critiques au secrétaire général de RSF…
La controverse
Robert Ménard ne fait pas l’unanimité, et c’est une sorte d’euphémisme que de le dire ! Nombreux sont ses ennemis et les critiques sont variées, avec en tête des reproches, le caractère antipathique du personnage. On le dit désagréable, autoritaire, cassant. Il est vrai qu’il n’a pas sa langue dans sa poche et que les répliques fusent, telles des lames parfaitement aiguisées, en direction des quelques personnes qui se risquent à s’opposer à lui. Cependant on l’imagine mal autrement et son combat gagne certainement à avoir à sa tête une forte personnalité.
On l’accuse également de se servir des médias pour se faire connaître et de privilégier les actions spectacles version happening à la Green Peace. Mais se servir des médias, n’est-ce pas finalement assez pertinent pour le secrétaire général d’une association qui défend les droits de la presse ? Plus gênant, ses anciens associés lui reprochent sa complaisance envers les médias français, plus inquiétant, on le taxe de plus en plus de copinage avec des personnalités du monde de la finance et des patrons de multinationales qui entacheraient l’image de l’association. On souligne également son silence sur les sujets sensibles des Etats-Unis (Irak, Guantanamo) et qui fait dire à certains que Robert Ménard serait un homme « téléguidé ».

Une chose est sûre, Robert Ménard est un homme passionné et sincère. Ses techniques, parfois critiquées, ont l’avantage de faire parler de Reporters Sans Frontières et de sensibiliser le grand public à des causes nobles. Alors qu’on l’aime ou pas, il va bien falloir s’y faire car Robert Ménard n’est malheureusement pas au bout de sa peine et peu de candidats sont volontaires pour reprendre son flambeau...
Derniers commentaires pour cet article
Par VDJ, le 18/04/2008 à 12:08
La question n'est pas de savoir si J-G allard travaille pour Granma ou pas, la question est de savoir si ses informations sont correctes ou pas. Le sont elles ? Ménard a menti (oui menti) des dizaines de fois sur ses sources de financement, pour finalement l'admettre un beau jour.
De plus, si RSF est une "organisation de défense de la liberté de la presse", que vient-elle faire dans l'affaire du Tibet ? Vous n'avez pas remarqué cette propension à se meler de tout et de rien.
Et enfin, sur le site de RSF, le communiqué publié suite au décés du cameraman à Gaza hier, est une pièce anthologique du double langage de RSF qui confirme avec éclat les pires soupçons.
A bon entendeur.
Par Laurent, le 17/04/2008 à 11:07
à avoir documenté le cas non seulement de Sami Al Haj (cameraman d'al Jazira à Guantanamo) mais également fait un long et détaillé raapport intitulé "quand l'Amérique emprisonne des journalistes"), milité farouchement (et solitairement) contre l'incarcération de journalistes US dans les affaires de secrets des sources, etc., etc.. Mais ça, ça n'intéresse pas les détracteurs, puisque ça contredit leurs préjugés... Je ne suis pas une groupie de Ménard, loin de là, mais je ne supporte plus de me faire intoxiquer par des pseudo-critiques-indépendants-qui-eux-savent-la-vérité, mais qui en réalité sont pour certains SALARIÉS PAR LE GOUVERNEMENT CUBAin !!! (JG Allard est employé de Granma, le "journal" du parti unique cubain). On se demande lequel est "téléguidé" !
Par Laurent, le 17/04/2008 à 11:03
Robert Ménard n'est jamais intervenu "pour les infirmières bulgares", je lis ça partout, mais ça me sidère... Où allez-vous chercher ça ? RSF est une organisation de défense de la liberté de la presse, c.a.d. des journalistes en danger. Quand à la dernière accusation de ses détracteurs (pseudo-silence sur l'Irak ou Guantanamo), je remarque qsuand même (en me renseignant, moi, en vérifiant, contrairement à certains) que RSF et Amnesty sont LES SEULES ORGANISATIONS AU MONDE

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