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Le festival de la BD d'Angoulême

Découverte  (festival bd angouleme)



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Comme chaque année, a lieu le festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême. Cette année, pour la 35ème fois, l’événement a eu lieu du 24 au 27 janvier 2008 et a obtenu une fréquentation record avec 220 000 visiteurs ; les organisateurs n’avaient pas revu cela depuis 2003. Pour vous mettre l’eau à la bouche si vous n’êtes pas allé à Angoulême,  Webdetente vous présente les essentiels d’Angoulême ainsi que son prix Fauve d’or.

Un président de marque

Pour présider un évènement tel que celui-ci, la ville d’Angoulême a fait appel a un spécialiste, le lauréat du Grand Prix de cette Ville l’an passé : José Muñoz. Cet argentin déjà récompensé plusieurs fois par ce même festival a connu un parcours atypique qui fait de lui une référence planétaire. Fuyant son pays sous la dictature militaire en 1972, il arrive en Europe et rencontre Carlos Sampayo avec qui il va commencer une fructueuse collaboration : Alack Sinner 1975 ; Le bar à Joe 1981; Flic ou privé 1983; Rencontres 1984; Viet Blues 1986; Histoire amicale du bar à Joe 1987; Nicaragua 1988 ; Billie Holiday 1991. En collaboration  avec Jérôme Charyn, Muñoz publie en 1997, Le croc du serpent. Devenu l'un des grands maîtres de la bande dessinées en noir et blanc, José Muñoz préside le jury et présente une rétrospective de 70 ans de BD argentine. De quoi satisfaire les mordus de bulles en tous genres.


José Muñoz

Grand Prix de la ville d’Angoulême 2008

 

Après l'Argentin José Muñoz, l'académie des grands prix d'Angoulême vient d'accueillir en son sein le binôme Dupuy et Berbérian, qui ont la particularité de travailler à quatre mains comme dessinateurs et scénaristes, de manière apparemment indifférenciée. De fait, leurs deux noms n'en font qu'un, depuis leurs débuts dans la petite revue de bande dessinée PLGPUR («plein la gueule pour pas un rond»), ça a le mérite d’être clair. Les créateurs de la série Monsieur Jean, n'ont pas caché leur joie. C'est en 1983 que ces deux auteurs se rencontrent et entament, dès lors, une association à succès. Ils font leur entrée chez Fluide glacial avec Graine de voyous, puis Le Journal d'Henriette. Mais c'est en 1990, avec la série Monsieur Jean, née dans le journal Yéti, qu'ils rencontrent vraiment le grand public. Leur héros, M. Jean, évolue au fil des albums en prenant de l'âge et des responsabilités, parallèlement à la propre vie privée des auteurs. C’est la première fois qu’un tandem d'auteurs reçoit ainsi le Grand Prix de la Ville d'Angoulême, décerné par un jury constitué d'anciens lauréats.

Palmarès 2008

Prix du meilleur album
Là où vont nos pères

Un homme ayant laissé femme et enfants derrière lui, part avec seulement avec une valise et quelques billets en poche dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Il va découvrir une petite ville déprimante de l’autre côté de l’océan, un monde où tout lui est étranger comme les coutumes ou pis, le langage. Essayant de se frayer un chemin dans ce décor inconnu, il va être aidé par les habitants, chacun exprimant son envie d’un monde d’espoir sans violence. Cette bande dessinée est d’autant plus intrigante que les pages sont totalement dénuées de bulles. Seul le poids des images importe et donne un sens encore plus profond à cette histoire facilement comparable à l’immigration. Une bd d’actualité qui en dit long sur les rapports humains et sur les cultures qui nous séparent pour finalement se rendre compte de l’aspect commun qui nous unit, pas mal tout ça !

Le palmarès "essentiel" d’Angoulême

Cette année, le festival d’Angoulême innove avec une nouvelle façon de décerner les prix en formant une sélection « essentielle ». Il s’agit de créer année par année, la bibliothèque incontournable des amateurs de bulles. Voici donc les lauréats de cette année 2008.

Exit Wounds de Rutu Modan

Israël, 2002. Liés malgré eux par l'identité inconnue d'une victime d'attentat kamikaze, Numi et Koby mènent l'enquête pour retrouver un homme : l'amant de la première, le père du second. A travers leurs recherches désespérées, ponctuées de bonnes et de mauvaises surprises, Rutu Modan (née en 1966) dresse le portrait d'une société en perte de repères, et, plus symboliquement, de repères paternels... C’est un portrait intime d'un pays fragile, tiraillé entre deux réalités qui s'affrontent, que tout oppose et qui pourtant, au-delà de ses clivages internes fait toujours le choix de l'espoir.

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill de Jean Regnaud et Emile Bravo


Jean, un petit garçon touchant, nous dévoile ses petites aventures du quotidien avec son institutrice revêche, son papa surbooké, sa nounou Yvette (la reine du chocolat glacé), sa voisine Michèle ainsi que son petit frère Paul (avec qui il n'arrête pas de se battre)... Toutes ces petites choses banales et drôles semblent faire de lui un petit garçon comme les autres. Mais il cherche à fuir cette question : « Où elle est ma maman ? ». Avec sensibilité et émotion, Bravo et Regnaud racontent ces moments de vie en nous rappelant que les enfants ne sont pas seuls à préférer s'inventer des histoires plutôt que d'affronter la réalité...

La Marie en plastique de Pascal Rabate et David Prudhomme

Sous le toit d'un pavillon de province vivent trois générations d'une même famille. Le père est artisan, la mère reste au foyer, et les deux enfants sont sans histoire. Il n'en va pas de même pour les grands-parents maternels. Lui bouffe du curé à tous les repas, elle revient de Lourdes avec dans sa valise une statuette en plastique représentant la Vierge. L'altercation entre les deux aïeuls ne tarde pas et toute la famille en profite... Le reste, dont un miracle et un repas de communion solennelle, est à la fois hilarant et dérisoire. La réussite de Rabaté est de nous rendre palpitants et surtout drôles des moments que nous connaissons tous
intimement comme insignifiants, voire pénibles. Cet album  parle de chacun d'entre nous avec tendresse, drôlerie, et une pointe de dérision devant nos travers quotidiens.

R.G de Peeters et Dragons

Que sait-on de la vie des policiers, au-delà des clichés du polar ? Ce récit très réaliste nous plonge dans le quotidien d'un inspecteur, en dévoilant le secret des planques, des heures passées dans les camionnettes banalisées, des photos prises aux téléobjectifs et des filatures... Ces « effets de réel » particulièrement impressionnants ont été inspirés par un vieux briscard des renseignements généraux. Une ambiance de vécu à 100% grâce au récit de Pierre Dragon et au dessin saisissant de Frederik Peeters, qui réalise l'un de ses albums les plus inattendus. Voici un portait réussi et réaliste de la police moderne, les RG. Amateurs de sensations, n’hésitez pas !

Trois ombres de Cyril Pedrosa

Reclus du monde et de ses malheurs, Joachim et ses parents vivaient en paix au creux des collines, jusqu'à ce que l'ombre de trois mystérieux cavaliers n'apparaisse et ne vienne perturber leur tranquillité. Dès lors, le destin de Joachim va se trouver irrémédiablement changé. Pour échapper à la menace des trois ombres, il ne lui restait plus qu'une issue : fuir ou se soumettre. C'est évidemment la première option que choisit le père du garçon, en se lançant à corps perdu dans un long et périlleux voyage, à l'issue incertaine. Le père fera tout ce qu'il peut pour soustraire son fils à la mort. L'histoire prend effectivement la forme d'une aventure aux limites du réel, entre sauvagerie et tendresse, servie par un graphisme délicat et sensible. Vraiment touchant !

Un "Manga building"

La BD japonaise est à l’honneur à Angoulême. Parmi les nouveautés cette année, un "Manga building" est dédié pour la première fois à la BD asiatique, qui fascine le jeune public. Un lieu différent pour découvrir ou retrouver le meilleur de la bande dessinée asiatique, dans toute sa diversité. Le festival souhaite donner plus de visibilité à sa "sélection officielle" afin de faire découvrir aux visiteurs de nouveaux territoires de la BD.

 

Nous vous communiquons quand même le reste des prix par catégories :

-       LE 6ème  ESSENTIEL D'ANGOULÊME ("REVELATION") : "L’Elephant" d’Isabelle Pralong

-       PRIX DU PATRIMOINE : "Moomin" de Tove Jansson

-       ESSENTIEL JEUNESSE : "Sillage - Retour de flammes" de Jean David Morvan et Philippe Buchet

-       PRIX DES COLLEGIENS : "L’Envolée sauvage" T2 de Laurent Galandon et Arno Monin

-       ESSENTIEL FNAC/SNCF : "Kiki de Montparnasse" de Catel & Bocquet

-       PRIX JEUNES TALENTS : "Maroc" de Patrick Morin

-      PRIX RENÉ GOSCINNY : "Le Guide du moutard, pour survivre à neuf mois de grossesse" de Jul

 

Voici pour l’essentiel de ce 35ème festival d’Angoulême. On espère que ces œuvres vous donne envie de les acheter ! Cette sélection donne envie tant par son éclectisme que par sa nouveauté, des incontournables à avoir sans plus attendre... Notons que pour cette année, la BD laisse moins de place à la BD traditionnelle. Reste à savoir ce que les auteurs nous réservent pour l’année prochaine. Vivement 2009 !!

GUILHEM
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