Une fois de plus, le cinéaste français se lance dans un projet de grande envergure. Mais cette fois, pas de plongée en apnée, de course poursuite, ou de Minimoy ! C’est bien dans la vie réelle que s’inscrit la nouvelle croisade de Luc Besson : la construction, en France d’un grand complexe entièrement dédié à la production cinématographique.
Luc Besson présentant la maquette de son projet à la presseUn projet d'envergure retardé
Le projet de construire une grande cité du cinéma en France n’est pas né d’hier dans la tête de Luc Besson. En 2004, le réalisateur producteur, et sa société EuropaCorp, se sont portés acquéreurs d’un terrain de plusieurs hectares, à Saint-Denis, en Seine Saint Denis, avant d’obtenir un permis de construire. Il s’agit en fait d’un ancien site EDF, construit en 1933, comprenant deux centrales de production d’électricité et de plusieurs transformateurs, situés entre la Tour Pleyel et la Seine.
A l’origine prévue en 2007, l’ouverture de la « Cité » a dû être reportée à 2010. Trois ans de retard dus à la nécessité de dépolluer le sol et de désamianté le bâtiment. Ces travaux supplémentaires font s’élever le budget à 130 millions d’euros, au lieu des 100 millions prévus au début du projet.
Mais hors de question pour Luc Besson de renoncer face à cet obstacle ! Le président d’EuropaCorp a usé de tout son pouvoir de persuasion pour parvenir à boucler le budget, et refuse encore aujourd’hui de donner le nom de ses investisseurs. Seule certitude, l’Etat français ne figure pas sur la liste, puisque toute aide financière de sa part risquerait d’entraîner des poursuites pour « concurrence déloyale » de la part de la commission de Bruxelles.

Site de Saint-Denis
Un obectif artistique et économique
Si tout se passe comme prévu, la cité du cinéma devrait pouvoir rivaliser avec les grands studios européens - Pinewood, près de Londres, Bavaria à Berlin, Alicante (Espagne), ou encore la Cinecitta à Rome -, tant sur le plan artistique que sur le plan économique.
Sur les 6,5 hectares du site seront regroupés 9 plateaux de tournage (de 600 à 2 000m²) et les différents ateliers nécessaires au tournage d’un film (décors, stockage de matériel, costumes…). Pour se nourrir ou se divertir, pas la peine de quitter la cité : le projet prévoit l’implantation de boutiques et de plusieurs restaurants !
Enfin, 30 000m² de bureaux devraient voir le jour, hébergeant le siège social d’EuropaCorp, les sociétés de production qui choisiront de s’installer sur le site, mais également les sociétés présentes le temps d’un tournage particulier.
Le projet de Luc Besson vise donc à réunir en un même lieu tous les éléments essentiels à la fabrication d’un film, du synopsis au montage final, tout ceci dans le but louable de dynamiser le cinéma français.
Comment un pays comme la France, qui fabrique environ 200 films par an, peut-elle se passer d’un complexe de production cinématographie ? Luc Besson déplore en effet que de nombreux films français soient régulièrement tournés à l’étranger, faute de moyens en France : «Quand on fait un film comme Le Cinquième Élément, on est obligé d'aller à Londres pendant trois mois. J'ai des enfants, mes 300 techniciens aussi, on préférait tous travailler à Paris ».
Selon lui, tourner plus de films français en France permettrait également la survie d’une multitude de petites entreprises, qui fabriquent, entre autres, des rails de travelling ou des crochets pour accrocher les lumières.
Facilitant le travail artistique des cinéastes, en mettant à leur disposition l’ensemble des services nécessaires à la réalisation d’un court ou d’un long métrage, le projet a également pour but de relancer l’économie et le dynamisme du cinéma français.
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Un projet rentable
Pour rentabiliser au mieux la cité du cinéma, Luc Besson souhaite également attirer les grands tournages américains. Et oui, il faut le savoir, les grosses productions américaines viennent régulièrement tourner en Europe, mais faute de place, elles ne font pour l’instant pas profiter l’industrie cinématographique française des quelques 500 millions de dollars investis chaque année.
La personnalité de Luc Besson présente alors un réel avantage pour la cité du cinéma, puisque la plupart des patrons des grands studios hollywoodiens sont amis avec le français, tout comme de grands noms du cinéma américains tels que George Clooney, Julia Roberts ou Bruce Willis.

Maquette du projet
Un plus pour la région
Sur le plan local, la construction d’un tel complexe offre la possibilité d’une multitude de retombées positives, aussi bien en terme d’emplois que de dynamique touristique et de valorisation du territoire, grâce notamment à l’aménagement de nouvelles infrastructures : dédoublement de la ligne 13 du métro, nouvelle bretelle d’accès à l’A86, et passerelle au dessus des voies ferrées entre Landy et Pleyel. Le projet, présenté le 7 février à la population et le 29 février à la presse par Luc Besson en personne, a d’ailleurs été accueilli très favorablement par les habitants de Seine-Saint-Denis. Luc Besson est par ailleurs intéressé par la création d’une école de cinéma dans l’enceinte de la cité.
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Actuelle centrale EDF
Lorsque le chantier, dirigé par l’architecte Philippe Robert, sera achevé, Luc Besson s’engage à être le premier à tourner dans les nouveaux studios, de façon à « essuyer les plâtres ». Mais ménageant ses effets, ou réellement hésitant, il n’a pas dévoilé le thème de ce premier long métrage tourné à Saint-Denis, ni son réalisateur.

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