Charlton Heston, interprète mythique de Ben-Hur dans le film de William Wyler, s’est éteint samedi 5 avril dernier à l’âge de 84 ans. Webdetente rend aujourd’hui hommage à cette légende du cinéma américain, et vous propose un aperçu de l’immense carrière de l’acteur, mais également des prises de positions parfois controversées de l’homme, notamment son engagement en faveur des armes à feu.

Des débuts prometteurs
Né le 4 octobre 1923, à Evanston (Illinois), Charlton Heston, de son vrai nom John Charles Carter, décide de devenir acteur après avoir étudié Shakespeare au collège. Il joue pour la première fois la comédie en 1941, dans le film de l’un de ses camarades de
En 1947, Charlton Heston intègre la troupe de théâtre de Katherine Cornell, et commence à travailler pour le théâtre et la télévision, interprétant notamment des rôles dans des adaptations de Shakespeare. En 1950, William Dieterle lui offre son premier rôle au cinéma dans «

Ben-Hur, la consécration
En 1959, Charlton Heston est à l’affiche de Ben Hur, film historique de William Wyler dans lequel il tient le rôle principal, celui d’un prince réduit à l’esclavage, puis de retour au palais à force de courage et de valeurs morales. Ce film obtient onze oscars en 1960, dont celui du meilleur film, et celui du meilleur acteur pour Charlton Heston, faisant entrer l’acteur dans la légende.
Après avoir interprété Moïse, Ben Hur et Antoine, et tenu des rôles de chevalier ou de généraux, sa carrure et son mètre quatre-vingt-treize lui ouvrent les portes du Western. On le voit ainsi dans Major Dundee de Sam Peckinpah ou encore dans Will Penny le solitaire, de Tom Gries.

Un passage à vide
Dans les années 80, on ne voit pas Charlton Heston sur grand écran. Boudé par les réalisateurs, il se contente de jouer dans des séries télévisées, des téléfilms, ou de prêter sa voix pour les commentaires de documentaires.
Il fait son retour au cinéma en 1993, dans Wayne’s World 2, puis dans des seconds rôles taillés sur mesure dans Tombstone, la même année, True Lies en 1994, ou encore Hamlet en 1996.
L’année suivante, il apparaît en Guest Star dans un épisode de la série Friends. En 1998, il prête sa voix dans le film Armageddon, et en 2000, il apparaît dans L’enfer du Dimanche (un film sur le football américain), d’Oliver Stone.
Sa dernière apparition cinématographique est sa présence dans le documentaire de Michael Moore, sorti en 2002 : Bowling For Columbine, où il témoigne de son engagement politique.

Un engagement politique changeant
Tout au long de sa grande carrière, Charlton Heston s’est engagé politiquement, mais différemment selon les époques, étant considéré comme démocrate au début de sa vie, puis finalement perçu comme un conservateur favorable aux républicains.
Ainsi, au début des années soixante, il s’engage en faveur du Mouvement des droits civiques, et participe même à la grande marche de Washington en 1963, aux côtés de Martin Luther King.
Charlton Heston prend également le parti de défendre les droits de ses collègues acteurs, en devenant membre, puis directeur du syndicat Screen Actors Guild de 1965 à 1971. Ainsi, en 1969, il défend par exemple l’idée de la création d’une redevance télévisée, dans le but de renforcer la production nationale, ainsi que la qualité des programmes télévisés.
Accordant son soutien à plusieurs candidats démocrates, comme Adlai Stevenson (candidat à la présidentielle contre Dwight Eisenhower), ou John Kennedy (face à Nixon), Charlton Heston choisit finalement de rejoindre le camp républicain pour soutenir son ami et ancien collègue Ronald Reagan en 1972. En 1981, suite à l’élection de ce dernier, Charlton Heston devient même son « conseiller culturel ».
Dans les années 80, Charlton Heston prend part au mouvement anti-avortement, défendant le « droit à la vie », notamment dans le film de Bernard Nathanson, Eclipse of Reason, pour lequel il se charge de l’introduction.

Les armes à feu
Mais son engagement le plus sujet à la controverse est celui qui concerne les armes à feu. Charlton Heston défend en effet le droit des citoyens américains à disposer d’une arme à feu chez eux, et s’est longtemps impliqué au sein de
Dans le film documentaire de Michael More, Bowling for Columbine (qui fait suite à une tuerie dans une université), sorti en 2002, Charlton Heston explique qu’il trouve normal que chaque citoyen puisse se défendre contre un éventuel agresseur.
Son engagement en faveur des armes à feu semble quoi qu’il en soit plaire au président George Bush, qui lui a remis la médaille présidentielle de la liberté, une des plus hautes distinctions civiles américaines.


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