Eté 1967. Quelque part en Californie, des jeunes sont en train de vivre une expérience unique. Derrière une utopie généreuse se cache un mouvement qui a essaimé dans toute la côte ouest américaine, le «Summer of Love».

Au printemps 1967, des milliers d’étudiants affluent sur la côte ouest américaine. Très influencé par le San Fransisco Oracle, magazine référence de la contre-culture, ce cortège d’aventuriers post-adolescent vient chercher un idéal de communauté, de musique et d’évasion. Ce mouvement créé par le bouche-à-oreille est un véritable succès. Toute la Californie est secouée. Du quartier d’Haight-Asbury de San Fransisco à Berkeley et autres villes de la South West Coast, ce mouvement hippie rime avec frénésie attirant les médias du monde entier.

Des milliers de jeunes affluent
Mais pourquoi ce mouvement passionne-t-il autant d’acteurs ? A cette question, le cinéaste Hannes Rossacher, auteur d’un documentaire sur les années 60 a sa réponse. «Je crois que les années 1960 ont profondément bouleversé la société. Cela tient à plusieurs facteurs, notamment à l’autorisation de la pilule contraceptive au début de la décennie. Une jeune génération émerge qui n’a pas connu la Seconde Guerre mondiale et tous ses traumatismes. C’est l’ouverture au monde, les voyages, la remise en question de la société, de l’individu et la naissance de valeurs nouvelles. Les adeptes de la vague «beat» de San Francisco sont en partie à l’origine du mouvement hippie.»

Une expérience inédite
Les quartiers des villes se transforment en résidence universitaire. Si la nourriture est gratuite, les drogues le sont aussi. «De nombreux jeunes investissent la ville pour y vivre une expérience inédite. Après l’amour libre, d’autres modes de vie sociale apparaissent, à mille lieues des schémas familiaux traditionnels», ajoute Hannes Rossacher.
Ce succès grandissant pose rapidement des problèmes. Les quartiers ne pouvant plus loger tout le monde, les lieux se détériorent rapidement. Finies les simples villes aux couleurs vives des années 60, le décor s’illustre plutôt comme les films apocalyptiques de John Carpenter. Surpopulation, problèmes de drogues et hausse de la criminalité émaillent le quotidien des jeunes.Touché par ces problèmes, le mouvement s’estompe peu à peu et les étudiants rentrent à leurs chères études.


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