Les Français que nous sommes sont réputés pour leurs vins, leurs fromages, leur Tour Eiffel… mais aussi leur faiblesse en langues étrangères ! La chose est avérée, nous faisons partis des mauvais élèves de la classe européenne. Pourtant, la pratique des langues étrangères, principalement de l’anglais, s’avère de plus en plus indispensable, notamment dans la vie professionnelle. Webdétente enquête pour vous sur une méthode simplifiée pour apprendre l’anglais usuel : le globish.

Le Globish? Késako ?
Le globish (abréviation de Global et English), est utilisé essentiellement par des personnes non anglophones qui veulent communiquer en anglais. Cette « langue », n’est pas réellement structurée, elle évolue surtout en fonction de la pratique, selon les besoins de ses utilisateurs.
Pourquoi le globish?
Le but du globish tel que le conçoit Jean-Paul Nerrière, est de permettre aux 88% de la population qui n’ont pas l’anglais pour langue maternelle, de communiquer et de se comprendre, même s’ils doivent faire des fautes de syntaxe et avoir un vocabulaire basique.
De ce point de vue, le globish se place en concurrence direct d’un autre langage commun, élaboré à la fin du XIXe siècle, par par Ludwik Lejzer Zamenhof : l’espéranto. Tout comme J.P Nerrière, Zamenhof avait pour but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes et à travers le monde entier. Cette langue dite agglutinante, se base sur seize règles grammaticales immuables, et sur un vocabulaire dont les bases sont tirées de langues préexistantes, essentiellement européennes. Les afficionados de l’Esperanto, sont sans doute les plus hostiles au globish, qu’ils jugent trop réducteur. Quoi qu’il en soit, le globish semble bel et bien avoir trouvé son public !
Premiers touchés par la mondialisation, et par la nécessité de communiquer avec le monde entier : les employés des multinationales. Le vocabulaire des entreprises est de plus en plus marqué par l’utilisation de termes anglais : call center (centre d’appel téléphonique), le check up (bilan), le manager…. Tous ces mots usuels font désormais partie du lexique de tout bon « globiphone ».

Comment apprendre le globish?
La méthode de Jean Paul Nerrière propose d’assimiler les 1 500 mots du Globish répartis en plusieurs séries, de la plus simple vers la plus complexe. Ainsi, un débutant aura pour tâche de mémoriser dans un premier temps environ 215 mots identiques ou très proches du français, puis finira par des mots moins évidents comme belong (appartenir), broadcast (diffuser), enforce (contraindre), gather (amasser), holiday (congé), remember (se souvernir)…Ces mots semblent bien entendu familiers à toute personne ayant fait de l’anglais à l’école. Le but de la méthode n’est donc pas de les apprendre purement et simplement, mais de les écrire, de les prononcer, et de les mettre en œuvre, par l’intermédiaire d’exercices écrits et oraux, et sans oublier d’assimiler toute une série de mots structurants, c'est-à-dire les prépostions comme all, against, before, ever...
A en juger par le contenu de la méthode, il s’agit donc bien d’un anglais simplifié, tout comme le Basic Global English (BGE), autre méthode développée ces dernières années, et qui propose une série de règles de grammaire et de mots à apprendre. Cet anglais de base, la plupart d’entre nous le maîtrise. Dès lors, les problèmes de communication que nous avons viennent d’un mal typiquement français : le manque de pratique et la timidité.

Un langage efficace
D’après un sondage Eurobaromètre,
Le globish est donc l’un des moyens de se concentrer sur l’efficacité plutôt que sur la qualité de l’expression : « En globish, on apprend à contourner ses lacunes pour être efficace malgré elles, sans davantage en souffrir » (Jean-Paul Nerrière). Aux 1 500 mots présents dans le lexique de la méthode de JP. Nerrière, il convient toutefois d’ajouter l’apprentissage d’un vocabulaire spécifique lié à son activité professionnelle (commerce, marketing…)
L'expansion du globish
Vous l’avez compris, le globish existe depuis plusieurs années. Mais, phénomène nouveau, cet outil linguistique a récemment fait son entrée dans la sphère privée, permettant, en France, à un individu lambda, de se faire comprendre en anglais au cours d’une conversation, qu’elle soit réelle ou virtuelle. Maîtriser les bases de l’anglais (et c’est bien là la définition du globish), favorise en effet la communication lors de voyages par exemple, ou encore lorsqu’un touriste vous demandera son chemin !
Le globish a également fait son apparition dans le langage Internet et sms : l’exemple le plus significatif est sans conteste l’utilisation fréquente de l’abréviation « lol » (qui signifie généralement plaisanter, trouver quelque chose drôle), qui vient de l’expression « lot of laughs » (littéralement « beaucoup de rires »)
Où prendre des cours de globish ?
Outre ce type d’abréviations, qui sont le plus souvent utilisées uniquement par habitude, le globish s’apprend ! Par des méthodes individuelles, comme celle développée par JP. Nerrière, autrement dit par le recours à des livres et des exercices d’entraînement, sans oublier des sites comme www.oddcast.com, qui propose des exemples de prononciation. Mais on peut également apprendre le globish via des cours distillés par des professeurs. Formule la plus ancienne, et aussi la plus formelle : les cours au sein des entreprises. Les cours d’anglais dispensés au sein des entreprises par des sociétés spécialisées s’apparentent en effet au globish, dans la mesure où leur contenu est limité au langage usuel utile dans la société concernée. Exemple de cours en entreprise, ceux dispensés par la compagnie Westmill, qui a par ailleurs mis en place un cours uniquement consacré au globish il y a plusieurs années. La société Diagonal a également développé un logiciel de correction assistée, appelée « Glob-Lexis ».

Enfin, plus récemment se sont développés des cours aux particuliers, sous forme de cours individuel ou collectif. Ainsi, certains professeurs d’anglais traditionnel (professeurs diplômés ou non), sont en mesure de donner des cours particulier de globish, c'est-à-dire d’anglais simplifié, pour la somme avoisinant 20€ de l’heure. Mais il existe également une méthode plus informelle, plus économique, et surtout plus ludique : des cours sous forme de discussion à plusieurs, en anglais, sur des thèmes de la vie de tous les jours et dirigée par des anglophones, dans un appartement, un café, une terrasse... Seule solution pour dénicher ce genre de bon plan : le bouche à oreille !
Vous ne maîtrisez pas l’anglais, vous n’osez pas parler quand un anglophone a besoin d’un renseignement, ou vous voulez partir en voyage ? Fini les cours de langues qui paraissent durer des heures, le globish peut s’apprendre de façon ludique, et vous donnera à coup sûr les bases de l’anglais usuel que vous pourrez naturellement approfondir par la suite ! Alors ne soyez plus timide, mettez-vous au globish et lancez-vous !
Derniers commentaires pour cet article
Par Krokodilo, le 12/04/2008 à 20:29
Quelle incroyable malhonnêteté que de m’attribuer entre guillemets des propos que je n’ai pas tenus, qui sont pure invention de votre part ! Qualifier une langue construite de religion est également une manipulation.
Réactions classiques de ceux qui n'ont pas d'argument sérieux dans ce débat sur la barrière des langues dans le monde, de ceux qui ne supportent pas qu'on mette en doute la présentation de l'anglais comme une langue facile que le monde entier a adoptée dans la joie et parle couramment.
L'espéranto n'est pas "mieux que l'anglais", je ne porte pas de jugement sur la valeur culturelle, mais sur des critères quantifiables : l'anglais est extrêmement difficile sur le plan phonétique (très fort taux de dyslexie) et c'est la langue d'un pays membre de l'UE (d'où injustices nombreuses), tandis que l'Eo est très facile et neutre, international par sa grammaire, et que son soutien par l'UE résoudrait facilement l'incompréhension entre Européens en l'espace de quelques années seulement, tout en laissant la possibilité d'apprendre la langue du pays où l'on bosse, y compris l'anglais, car l'apprentissage de l'Eo est bien moins bouffeur de temps (et d'argent) que celui de l'anglais.
Suit la classique et absurde vantardise sur les 600.000 mots qui feraient de l’anglais (et non du globish) une langue supérieure, alors que ses dictionnaires incluent tous les termes techniques, multiplient les entrées pour les locutions et mots composés, et que l’anglais fourmille de doublons inconnus de la majorité de la population ainsi que des variations provenant de la dialectisation de l’anglais dans les divers pays anglophones.
Merci en tout cas de confirmer que le globish n’est rien sans l’anglais complet, y compris le vocabulaire technique que vous citez.
Au passage, je vous signale que vous vous êtes trahi, après vous être présenté comme ayant appris le G., en disant « mon outil » !
"quislingism" (collaborationnisme), le mot que vous prétendez traduisible en G. par une phrase (non citée) est si rare que même des anglophones ont dûs faire des recherches pour m’aider à vous répondre ; en tout cas, il est tout à fait possible de le traduire en espéranto, et même d’en proposer plusieurs traductions selon le contexte, car en français aussi, la collaboration peut être au sens premier ou péjoratif :
kunlaborado (sens général de collaboration), fikunlaborado (préfixe péjoratif-travail ensemble), malamik-amikeco (amitié de/avec l’ennemi), malamik-aliĝo (adhésion à l’ennemi), fialiĝo (péjoratif-adhésion).
Par ailleurs, si vous pensez que la traduction consiste simplement à remplacer chaque mot par son équivalent dans la langue cible, c’est que vous ne connaissez pas le sujet.
Mais, consciemment ou pas, vous savez tout cela, sinon vous ne seriez pas aussi agressif : si l'espéranto était aussi insignifiant que vous le prétendez, pourquoi seulement prendre la peine de nous répondre ? La position "hégémonique" de l'anglais serait-elle plus fragile qu'on veut bien l'admettre ?
Par Judanana, le 11/04/2008 à 10:22
Monsieur Krokodilo, votre réaction à mon message montre que vous n'avez pas compris grand chose à l'approche suggérée par le globish: elle est moins dogmatique que celle de l'espéranto, si j'en juge par les invectives et les insultes que vous alignez dans un message antérieur pour tenter d'imposer votre point de vue intégriste "en dehors de l'espéranto rien n'est bon, et rien n'est pire que l'anglais ou quelque chose qui s'y apparente".
Pour être précise, pour "convalescence" je dis "recovery", ou "getting better". Quant à "vaccin", il ne me pose aucun problème pour deux raisons. Primo "vaccine" est un mot très universellement connu, comme "pizza, hotel, stop, police, cafe, taxi". Si ceci ne vous convient pas, deuxio, "vaccine" est connu de tout le monde dans les professions médicales (comme bien d'autres tirés de l'anglais) . Tout le monde connaît aussi "catheter" et "pill" et vite suffisamment de termes de la physiologie, de la pharmacie et de la médecine, et il n'y en a que quelques dizaines ou centaines d'usage courant. Le globish proclame que ses 1500 mots de base doivent être complétés du jargon d'une entreprise, ou d'un milieu professionnel. Quand un mot anglais n'est pas compris, dans mon métier, on demande qu'il soit élucidé ou on le clarifie, et la conversation avance. Apprendre et vouloir utiliser tous les mots d'une langue non maternelle, illusion nuisible... Et même en français...
Il est vrai que dans nombre de cas le mot absent (à dessein) est à remplacer par une périphrase de mots simples. C'est justement ce qui fait que dans la communication avec des non-Anglophones (l'immense majorité) j'ai un avantage: ils me comprennent facilement.
En espéranto, comment dites vous ce que les Anglophones appellent "quislingism"? Bon courage. Moi je le décris par une phrase. Si vous devez le faire aussi pour transmettre toute la nuance, c'est que votre langue n'est pas meilleure que mon outil. Et si vous avez un mot de traduction exacte, c'est que vos partisans doivent apprendre 600.000 mots pour bien parler. No way...
Je pars aujourd'hui à Kampala, Ouganda. Je m'efforcerai de découvrir dans la rue les fidèles de votre religion et les saluerai de votre part si j'en trouve spontanément.
Par Krokodilo, le 07/04/2008 à 15:50
Judanana,
Moi aussi, je baragouine souvent avec des étrangers par obligation professionnelle, dans mon anglais médiocre, et j'ajoute que tous les nordiques ne sont pas fluent contrairement au cliché des médias.
Il est bien évident que pour qu'un médecin hongrois et un pharmacien brésilien discutent entre eux ou avec une tierce personne, quelle que soit la langue, il faut avant tout qu'ils l'aient longuement étudiée, que ce soit l'anglais ou tout autre !
La question est justement de savoir quelle langue donne la meilleure communication avec le même temps d'étude. C'est ce que l'Union européenne refuse de vérifier, de tester, comme si les termes économiques cost/effective ou qualité/prix n'avaient soudain plus de sens… Outre les notions d'injustice déjà évoquées. Rationalité, coût, équité, broutilles que tout ça !
Je ne réponds pas aux arguments sur l'espéranto lui-même, sinon on va encore nous accuser de détourner les débats, mais au fait, comment votre Hongrois et votre Brésilien disent-ils convalescence et vaccin en globiche ? Ou "combien de caisses avez-vous envoyées le mois dernier" ?
Par Judanana, le 07/04/2008 à 13:20
J'ai remis à jour mon anglais scolaire avec la méthode préconisée par ce Monsieur Nerrière, le globish. J'en avais sérieusement besoin pour mon métier, de nombreuses missions humanitaires dans beaucoup de pays du monde. C'est une approche de l'anglais radicalement différente de tout ce que j'avais essayé auparavant.
Non seulement elle donne confiance, mais elle apprend à contourner les difficultés tout de suite, au lieu de les combattre frontalement. Elle contient aussi des masses d'astuces rendant la communication plus efficace: toutes les autres méthodes que j'ai vues se concentrent sur la maîtrise de la langue anglaise. Celle-ci se concentre sur la communication internationale, dont l'anglais est un ingrédient essentiel, certes, mais pas exclusif. Contrairement à ce que je viens de lire, les Anglophones ne voient pas de différence. Mais on apprend, quand le groupe en discussion est disparate en maîtrise de l'anglais, à leur expliquer que eux aussi ont à faire un effort pour s'ajuster au niveau des moins "fluent". Sinon ces derniers communiquent parfaitement entre eux, et ce sont les Anglophones dont le message ne passe plus. Leur expliquer la théorie du globish assure leur surprise, mais aussi leur compréhension et leur adhésion instantanées. Un vrai petit bonheur, et un sacré résultat pour l'efficacité de tous les participants.
Je viens de lire les deux critiques des partisans de l'Espéranto. Je comprends qu'il ne peuvent pas faire autrement que de démolir une solution que leur idée n'a pas réussi à imposer en plus d'un siècle. J'arrive du Kurdistan irakien: croyez moi, avec un anglais limité au niveau du globish, on y est très performante; mais je n'y ai rencontré personne qui pratique l'espéranto. Il doit s'en trouver, des gens qui en font un hobby, comme d'autre jouent au Sudoku. Il me semble que c'est une séduisante construction intellectuelle, comme beaucoup de solutions artificielles, mais qu'elle ne résoud les problèmes de communication internationale que pour les passionnés qui n'ont aucun rôle et aucune responsabilité à y exercer: quand il faut discuter avec un médecin hongrois et un pharmacien brésilien de ce qu'il faut organiser pour enrayer un risque de choléra, je ne compterais certainement pas sur l'espéranto. Pour moi, le globish est la solution la plus accessible.
Par krokodilo, le 07/04/2008 à 12:03
Par ailleurs, je regrette le masochisme à la française de votre sous-titre : non, nous ne sommes pas plus mauvais en langues étrangères que les autres pays européens. Pour tous, apprendre une langue étrangère est un immense travail, et entretenir son niveau, tout autant. Ces soi-disant études nous comparent à des pays comme la Suède ou la Norvège, qui ont choisi l'anglais comme lingua franca, et font le "forcing" dessus très précocément à l'école, qui enseignent même directement en anglais, affaiblissant ainsi leur langue que personne ne songe à apprendre, ou à l'Italie qui l'a rendu obligatoire, alors que la France a choisi la diversité linguistique (de moins en moins). Là est le vrai débat : diversité contre anglais obligatoire. Car ce que personne ne dit , c'est que l'anglais est maintenant imposé chez nous à l'école primaire (86%), sans choix proposé (c'est parfois allemand ou langue régionale).

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