Cette année, le Guide Michelin France a surtout consacré une nouvelle génération de jeunes chefs, à la fois créatifs et inspirés par les produits du terroir. De quoi faire taire les mauvaises langues qui, depuis le début des années 2000, annoncent à qui veut l’entendre le déclin de la cuisine française !
Qu’est ce que le Guide Michelin ?
Après 108 ans d’existence, le Guide Michelin reste donc une référence mondiale pour tous les professionnels de la gastronomie et les amateurs de bonne cuisine, qu’elle soit classique ou créative, d’ici ou d’ailleurs, d’hier ou d’aujourd’hui… Le guide Michelin c’est une institution qui a commencé en 1900. Depuis, chaque année, Michelin fournit une liste d’étoiles dans son fameux livre rouge. Cette année, 8 655 établissements ont été sélectionnés et le Guide Michelin France 2008 propose 600 nouvelles adresses par rapport à l’année précédente.

Pour réaliser ce Guide, des inspecteurs passionnés ont chacun testé anonymement 240 tables par an (en payant l’adition), dormi dans 150 hôtels, fait plus de 800 visites, rédigé 1100 rapports et roulé 30 000 km !
Les étoiles montantes
Cela faisait longtemps qu’on en attendait une et elle est arrivée. Anne-Sophie Pic est devenue la seule femme à obtenir les trois macarons après la mère Brazier. En effet, la mère Brazier avait obtenu trois étoiles pour son restaurant de Lyon. C’était en 1968. Anne-Sophie Pic n’est pas une femme à se laisser abattre. Elle avait déjà fait ses preuves l’année dernière le 24 septembre 2007, en étant élue « chef de l'année » par les huit mille chefs répertoriés dans le guide Michelin. C'est la première femme à obtenir ce prix, créé en 1987. Son restaurant se situe à Valence dans la Drôme.

A Paris, au moins deux promotions à 3 étoiles sont accordées par le Michelin 2007. Le chef de l’hôtel Meurice, Yannick Alleno, 38 ans, originaire de Lozère, est sur le point d’y accéder, après avoir gagné la deuxième en 2004. Cet artiste accompagne les ris de veau d’une béchamel aux truffes, et sait également faire preuve d’audace avec une gelée de bulots aux langues d’oursin.

Dans les jardins du Pré Catelan, Frédéric Anton, 39 ans, le roi de l’os à moelle, qu’il farcit de cèpes ou habille de fèves et de morilles selon les saisons, peut lui aussi se réjouir. Meilleur ouvrier de France en 2000, ce natif de Contrexéville va ouvrir le champagne pour fêter, lui aussi, sa 3ème étoile Michelin.

Pour la première fois depuis la création du guide Michelin, en 1900, Marseille peut s'enorgueillir d'abriter un restaurant trois étoiles. Dans son édition 2008, la bible des gastronomes décerne un troisième macaron à Gérald Passédat, 47 ans, chef du Petit Nice dans la cité phocéenne.
Les perdants qualifiés « d’intouchables »
Une grosse déception pour le plus grand palace du monde, le Georges V. Philippe Legendre, un ancien du Ritz et de Taillevent, avait pourtant propulsé son restaurant le «Cinq» au sommet : 3 étoiles en 4 ans. Mais le chef se serait brouillé avec Bocuse et Ducasse. Du coup, les stars quittent le navire : Enrico Bernardo, meilleur sommelier du monde en 2004, est parti en juillet, et Didier Le Calvez, le directeur de l’hôtel, est aussi sur le départ. Il perd ainsi une étoile.

L'autre surprise de cette édition 2008 est le retrait d'une étoile à Guy Martin, 50 ans, chef jusqu'à présent triple étoilé du Grand Véfour à Paris, haut lieu de la gastronomie française, installé en face des jardins du Palais-Royal depuis plus de deux siècles. Sans justifier publiquement cette décision, Jean-Luc Naret, directeur du fameux guide rouge, fait état du « constat très clair de nos inspecteurs, qui n'ont pas trouvé depuis dix-huit mois les trois étoiles dans l'assiette de Guy Martin ». Verdict : une étoile en moins aussi !!


Le guide au Japon
Le Guide Michelin s’exporte au Japon. Même s’il est bien connu que ce sont les Japonais qui aiment la gastronomie française, pour une fois la tendance est inversée. Le guide Michelin s’est exporté au pays du soleil levant et a ainsi sélectionné 150 restaurants. Le guide Tokyo compte 8 restaurants 3 étoiles, 25 restaurants 2 étoiles et 117 restaurants 1 étoile. La cuisine japonaise est largement mise à l’honneur et représente 60% de la sélection, les 40% restant se partageant essentiellement entre des restaurants français, espagnols et chinois. Pour arriver à ce résultat, 5 inspecteurs Michelin (3 Occidentaux et 2 Japonais) ont arpenté pendant 18 mois les rues de Tokyo. Ils ont présélectionné environ 1500 restaurants pour au final n’en retenir que 150... Le Guide Rouge version japonaise est disponible en anglais, japonais et bien évidemment français.



L’année dernière, le Guide Michelin s’est vendu à 38 000 exemplaires. Espérons que cette année soit encore plus propice au petit livre rouge. Des jeunes chefs qui montent, des anciens qui descendent, c’est presque le jeu des chaises musicales. Avec un peu de chance vous pourriez faire de la cuisine avec un rat ! De plus, l’internationalisation permettra de faire venir encore plus de Japonais dans notre beau pays. De quoi nous mettre en appétit !
Derniers commentaires pour cet article
Par fredo, le 29/03/2008 à 22:17
ah !!!! le guide Michelin......tokyo, les etats unis, bientot l'iran et l'afghanistan....et la Martinique ,ce n'est pas la France????
La petite histoire de Legendre n'est qu'une infime anecdote ...quand les echos dans les cuisines des 3 mac, nous apprenons des choses plus que grave....
Pour info! Mr Naret , comme vos collègues et vos collaborateurs ,nous sommes de la merde (les Antilles).Vous n'avez qu'un seul but , l'argent!!!et non la découverte de passionnés.
Par Babache, le 26/03/2008 à 18:03
Donc, il semblerait qu'il soit préferable d'être copain avec les STARS pour ne pas perdre ses étoiles...et l'assiette là dedans, ou est elle, entre le sommelier qui taille la route et le commandant qui abandonne son bord...Monsieur Legendre, vous me paraissez bien seul. Nous sommes quelques uns à ne pas comprendre.

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